Par auteur > Ndom Paul

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DIAGNOSTIC AUX STADES TARDIFS DES CANCERS DU SEIN CHEZ LA FEMME AU CAMEROUN : ENTRE IGNORANCE ET NEGLIGENCE
Salomon Efa  1@  , Annie Sasco  2@  , Mathieu Sibe  3@  , Paul Ndom  4@  , Christophe Rapp  1, *@  , Christian Mesenge  1@  
1 : université senghor
2 : Inserm, Isped
Univerisité Bordeaux 2, Universite Bordeaux 2
3 : ISPED
Universite Bordeaux 2
4 : Hopital de Yaoundé
* : Auteur correspondant

Introduction

Le cancer du sein constitue la première cause de décès par cancer chez la femme au Cameroun. La forte létalité est en grande partie liée à une prise en charge tardive aux stades avancés de la maladie. L'objectif de cette étude était d'étudier les déterminants du diagnostic tardif des cancers du sein.

Méthode 

Il s'agit d'une étude rétrospective réalisée dans le service d'oncologie de l'Hôpital Général de Yaoundé (HGY) du 30 juillet au 15 septembre 2012. Toutes les patientes admises pour un cancer du sein ont été interrogées à l'aide d'un questionnaire. Une association significative entre le diagnostic au stade tardif de cancer du sein et les caractéristiques socioéconomiques, le niveau de connaissance et le suivi médical a été étudié en analyse bivariée.

Résultats :

Cinquante et une femmes d'âge médian 47 ans (extrêmes : 20 -74) ont été incluses. Le délai de consultation moyen était de 11 mois. Le délai diagnostique moyen était de 13 mois (extrêmes : 2 -72). Trois quarts des cancers étaient diagnostiqués aux stades 3 et 4 et plus d'un quart des cas présentaient des métastases. Trois quart des patientes n'avaient jamais réalisé d'examen de dépistage. Deux tiers d'entre elles ignoraient l'existence des cancers du sein avant leur maladie. Seules 5 % des patientes disposait d'une assurance maladie. En analyse bivariée, les variables significativement associées au diagnostic aux stades tardifs étaient le délai de consultation > 3 mois (OR = 9,91 ; IC à 95% [2,20 – 44,63] ; p = 0,001) et l'itinéraire thérapeutique vers des soins non médicaux (OR = 4,13 ; I9 à 95% [1,02 – 16,76] ; p = 0,04). Le niveau socioéconomique, l'absence de suivi gynécologique et la résidence en milieu rural étaient sans influence.

Conclusion :

Cette étude suggère que l'accès tardif à la consultation spécialisée et l'utilisation de soins non médicaux sont responsables du diagnostic tardif des cancers du sein au Cameroun. Elle souligne l'intérêt de la mise en place d'un programme d'éducation à la santé ciblé sur le dépistage précoce du cancer du sein avec promotion de l'autopalpation des seins.


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